Les bitcoins vont-ils « percer » dans l’univers des grands du e-commerce ?

Les bitcoins vont-ils « percer » dans l’univers des grands du e-commerce ?

[quote style= »boxed »]Par Corinne Estève-Diemunsch, Directrice Marketing & Communication de Limonetik[/quote]

Derrière ce nom à la prononciation peu mélodieuse se cache certainement la plus grande création financière des 5 dernières années -et probablement des 5 prochaines- pour l’ensemble des acteurs de l’économie online. Apparue pour la première fois en 2009, à l’initiative d’un développeur trentenaire japonais, cette monnaie virtuelle, basée sur le système des échanges peer-to-peer est aujourd’hui considérée comme une devise monétaire et un système de paiement à part entière. Si la valeur de celle-ci a quintuplé depuis son lancement, et a connu 62% de croissance fin novembre 2013 pour atteindre la valeur record des 1000$ (+/- 735€), elle est actuellement décriée par bon nombre d’autorités financières pour ces fluctuations fortes, son utilisation spéculative abusive, et surtout pour son incapacité à être contrôlée. Néanmoins, les bitcoins restent in fine une alternative pour le développement des paiements en ligne, et pour l’accélération du e-commerce mondial. 

Bitcoin = mentalité antisystème bancaire ?
Le constat pouvait s’avérer totalement justifié à son lancement, auprès des consommateurs qui avaient définitivement perdu la confiance du système bancaire actuel, post-crise 2008. Les bitcoins se présentaient alors comme une véritable aubaine pour ne plus utiliser les services des établissements financiers et l’utilisation parfois obscure de leur argent. Aujourd’hui, les internautes peuvent reprendre le contrôle de leur argent par ce biais, et obligent petit à petit à une mutation des e-commerçants.

Une adaptation « obligatoire » pour l’économie numérique ?
C’est le leitmotiv de Pierre Noizat, fondateur de la société Paymium, service qui permettra aux utilisateurs français de bitcoins de disposer d’un compte de paiement 100% légal -à priori. Il déclarait ainsi au Figaro « si le monde veut rentrer dans l’économie numérique, il faut s’adapter aux changements technologiques plutôt que de crier au loup ». Le système bénéficie d’assurances de la part de la Garantie des Dépôts, l’organisme français qui indemnise les déposants en cas de faillite d’une banque. Mais le plus compliqué sera sans doute de convaincre les e-commerçants d’être payés en bitcoins, plutôt qu’en Euros, Dollars, etc.

Payer en bitcoin chez les grands du e-commerce
C’est déjà possible, par le biais d’autres services créés outre-Atlantique, comme SnapCard qui vous donne la possibilité de payer avec la monnaie virtuelle sur des sites de e-commerce de grande renommée. Son rôle est de faire l’intermédiaire entre le e-marchand et l’acheteur, et s’occupe du paiement online à destination de la plateforme de vente. Plusieurs deals ont déjà été conclus sur le territoire américain avec notamment eBay, Target, Best Buy, New Egg, Amazon and Walmart. Cette initiative attirera-t-elle les mastodontes du secteur ? Résisteront-ils longtemps à cette évolution incontournable ? A moins que les bitcoins disparaissent avant d’avoir été adoptés par tous…