Dématérialisation des tickets-restaurants : changements d’habitude pour tous les acteurs du marché

Dématérialisation des tickets-restaurants : changements d’habitude pour tous les acteurs du marché

[quote style= »boxed »]Par Julien Guerrand, community manager meetthepayment.com [/quote]

La dématérialisation du célèbre ticket-restaurant, inventé en France en 1962, est imminente. Le gouvernement l’avait annoncé en juillet dernier comme l’une de ses mesures de volonté de simplification pour les consommateurs et entreprises. Marché estimé à 5 milliards d’Euros avec plus de 3,5 millions d’utilisateurs, le décret publié le 7 mars entrera en vigueur le 2 avril. Dans un premier temps en cohabitation avec le support papier, ce dernier laissera petit à petit sa place à une carte de paiement à puce et personnelle, qui prendra la forme d’une carte bancaire avec attribution d’un code PIN.

Entreprises, clients, restaurateurs : simplification pour tous !

Si nous faisons un petit tour d’horizon des réels avantages liés à cette mutation vers la dématérialisation, on se rend vite compte que tous les acteurs de cette chaine en bénéficieront pleinement.

–      Pour les entreprises > Les services de paie verront un assouplissement dans leur logistique de distribution mensuelle des souches de tickets-restaurant. La nouvelle carte aura une validité de 3 ans, qui sera alimentée automatiquement du montant correspondant au nombre de jours travaillés.

–      Pour les clients > Ils n’auront plus la crainte de perdre leurs chèques-déjeuners et pourront payer le montant exact de leurs repas via le terminal bancaire du restaurateur.

–      Pour les restaurateurs : Réduction du temps de remboursement à 48h, de la part des sociétés émettrices du service. C’est donc une très bonne nouvelle pour la gestion des trésoreries des restaurateurs, qui peuvent avoir entre 20 et 25 % de leur chiffre réalisé grâce à ce moyen de paiement.

 

Mais ce changement a un coût, et laisse tout de même certains restaurateurs dubitatifs, en raison de l’augmentation des taux de commission à 3 ou 4 % prévus par les 4 sociétés historiques du secteur (Edenred, Groupe Chèque Déjeuner, Natixis et Sodexo).

Nouveaux acteurs et offres dématérialisées alternatives

Ce marché juteux attise aujourd’hui l’arrivée de nouveaux concurrents tels que Monéo et Resto Flash, qui viennent jouer les trouble-fêtes sur le terrain de chasse des émetteurs historiques. Leur taux de commissionnement nettement moindre (0,5% à 1,75% selon le volume de transaction), risque de tirer les prix vers le bas.

Monéo a déjà commercialisé plus de 150 000 cartes depuis mars 2013, et souhaite couvrir plus de 20 000 lieux acceptant les cartes. Pour ce qui est de Resto Flash, ils proposent un service de paiement sur mobile et un système de paiement par flashcode, afin de suivre le fort développement du marché des smartphones.

Pour gagner du temps par rapport à la promulgation du décret, ces entreprises ont simplement regardé entre les lignes de la législation actuelle : nulle part était mentionné le support sur lequel devait être émis le titre…

Parmi les acteurs historiques, Edenred n’avait évidemment pas attendu pour anticiper cette numérisation, comme le souligne son P-DG Jacques Stern « Nous accélérons le passage au numérique partout, seuls trois pays ne sont pas dématérialisés, dont la France. Grâce au numérique, ces dépenses bénéficient d’une grande traçabilité; de manière générale le support « carte » permet de mieux cerner les habitudes du bénéficiaire et, ainsi, de lui faire des propositions commerciales ciblées, avec son accord